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Juin 2010


Certaines des nouvelles dispositions découlent d’une recommandation issue du Rapport Coulombe en 2004, à l’effet « que l’aménagement écosystémique soit au cœur de la gestion des forêts publiques » (Bergeron Y., Gauthier, S., Vaillancourt M.-A., 2008).

L’aménagement écosystémique s’inspire des processus naturels pour assurer la viabilité des écosystèmes forestiers ainsi que le maintien de leur intégrité et de leur biodiversité. À travers la stratégie d’aménagement forestier, cette approche vise à reproduire les processus naturels tels que le cycle des feux, celui des épidémies d’insectes et les chablis. L’adoption de pratiques inspirées des processus naturels auxquels les espèces végétales et animales sont adaptées, doit permettre de minimiser les pertes au plan de la biodiversité. Concrètement, l’aménagement écosystémique repose sur l’adoption de pratiques sylvicoles adaptées, sur le maintien de composantes des forêts résiduelles et d’un réseau d’aires protégées.

L’aménagement écosystémique fonde sa caractérisation géographique en isolant sur le territoire inventorié, les superficies où prévalent des conditions écologiques similaires. Au Québec, ces superficies correspondent aux unités homogènes (UH). La carte des unités homogènes regroupées (Grondin et al., 2010) à droite, offre une référence pour la forêt boréale au Québec. Le regroupement a porté sur 43 unités homogènes et a permis d’isoler 14 ensembles distincts

Dans un premier temps, on doit établir les écarts actuels entre la forêt naturelle et celle aménagée, en regard de sa structure et de sa composition.  La forêt préindustrielle est le paysage de référence retenu pour établir les attributs de la forêt naturelle.  Une reconstitution historique de cette dernière permet de documenter les éléments de la dynamique écologique des différentes unités territoriales homogènes rencontrées au Québec.  Les écarts mesurés permettront de documenter les enjeux écologiques dont la proportion de forêts mûres et surannées, la présence de bois mort sous différentes formes, la structure interne des peuplements, la composition végétale des forêts, l’organisation spatiale des forêts, l’habitat des espèces fauniques et vég&eacue;tales sensibles aux interventions forestières.

Deux types de perturbations sont à distinguées ; celles qui provoquent un rajeunissement de la forêt telles que le feu et les coupes, et celles qui accompagnent son vieillissement telles que les épidémies et le chablis.  Les attributs propres aux forêts mûres et surannées comprennent la présence de bois mort au sol ou sous forme de chicots, une structure interne irrégulière et une composition végétale particulière.  La proportion de forêts mûres et surannées conditionne donc directement quelques uns des autres enjeux écologiques nommés plus haut et indirectement, l’habitat de certaines espèces fauniques et végétales.

La faible proportion des forêts mûres et surannées fait partie des caractéristiques distinctives des forêts aménagées.  Les cycles de récolte trop courts dans ces dernières, ne permettent généralement pas d’atteindre le stade de maturité absolue ou de sénescence.  Ainsi, les forêts ne dépassent que rarement les 100 ans d’âge comme il est plus fréquemment observé en forêt naturelle.  Le graphique à droite donne un comparable entre une forêt évoluant selon un cycle de feux de 100 ans et une autre selon un cycle de feux de 300 ans.

L’aménagement écosystémique en forêt boréale au Québec ne repose encore que sur des connaissances très récentes.  Déjà, ces dernières révèlent le caractère très complexe des écosystèmes naturels.  L’aménagement de type écosystémique doit s’appuyer sur des stratégies sylvicoles dont les diverses interventions s’organisent pour répondre le plus adéquatement possible aux divers objectifs retenus suite à une priorisation des enjeux écologiques.  Il faut également établir un programme de suivi environnemental dans le cadre de tels projets.  Cela est essentiel à la poursuite des objectifs d’aménagement forestier écosystémique.


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L’aménagement écosystémique en forêt boréale au Québec

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Le concept d’aménagement écosystémique est relativement récent au Québec. Son implantation graduelle s’inscrit dans le renouvellement des pratiques forestières en vue de répondre plus adéquatement aux préoccupations écologiques inhérentes au concept d’aménagement forestier durable, lequel comporte des assises légales dans la loi sur les forêts.

Unités homogènes regroupées de la forêt boréale

Source des données cartographiques :

Comparaison des paysages forestiers naturels du sud de la forêt boréale du Québec à des fins d’aménagement écosystémique (MRNF, 2010)

Description des unitéshomogènes regroupées

Voici une description sommaire des unités homogènes regroupées.  Pour plus de détails, se référer au mémoire no. 158 de la Direction de la recherche forestière (DRF) au MRNF.

  • ROE-t7 : Pessières noires à sphaignes de l’Abitibi
  • ROE-t5 : Pessières noires à peuplier faux-tremble de l’Abitibi
  • ROE-t3 : Pessières noires à mousses du Réservoir Gouin
  • ROE-t6 : Pinèdes grises de l’ouest du lac Mistassini
  • RCE-t : Pessières noires et landes du Réservoir Manicouagan
  • MOB-t : Bétulaies blanches du lac Saint-Jean et de l’Abitibi
  • MOB-s : Sapinières à épinette noire du nord-ouest du lac Saint-Jean
  • REE-m : Pessières noires à sapin et landes de la Côte-Nord
  • REE-t : Pessières noires à sapin de la Côte-Nord
  • MES-s : Sapinières à épinette noire de la rive nord du Saint-Laurent
  • MES-t4 : Sapinières de haute altitude des reserves fauniques des Laurentides et de la Gaspésie
  • MES-t6 : Sapinières de l’Île d’Anticosti
  • MES-m2 : Sapinières à bouleau blanc de basse altitude de la Gaspésie
  • MES-m3 : Sapinières à bouleau blanc de basse altitude de la réserve faunique des Laurentides et de Charlevoix

Structure des âges selon le cycle des feux

Source :

Les recettes de Dame Nature (Lecomte, 2008)

Références

Aménagement écosystémique en forêt boréale (PUL, 2008) Comparaison des paysages forestiers naturels du sud de la forêt boréale du Québec à des fins d’aménagement écosystémique (MRNF, 2010) Les recettes de Dame Nature (Lecomte, 2008)
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