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Août 2009
La conférence des Nations unies à Copenhague, qui doit se tenir du 7 au 18 décembre, s’inscrit comme un moment décisif pour l’avenir de l’humanité. Selon le Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (Geic), il est devenu impératif de réduire le niveau mondial d’émissions de CO2, de 60% par rapport à ce qu’il était en 1990 et ce, d’ici 2050 (80% chez les pays riches et 20% ailleurs).
Un tel objectif semble pour le moment inatteignable. Les États-Unis n’envisagent pas réduire leurs émissions de plus de 4% et le Japon se limite à un objectif de réduction de 8%. Des pays émergeants tels que la Chine et l’Inde refusent de signer tout engagement de réduction de leurs émissions, tant que les pays industrialisés n’auront pas souscrit à un objectif de réduction de 40% par rapport à 1990, d’ici 2020, tel que prescrit par le Geic. Il en est de même pour le Brésil et l’Afrique-du-Sud. En outre, la plupart des dirigeants de ce monde s’entendent pour dire que la solution à la crise actuelle passe par une reconfiguration de l’économie traditionnelle en une économie verte. Il faut non seulement changer nos principes actuels mais beaucoup plus encore, modifier nos modes de vie, notre régime de consommation. L’économie doit effectivement collaborer à résoudre la menace du réchauffement planétaire.
On doit réduire les sources anthropiques de CO2 mais également, en augmenter les sources de captation et le stockage. Les forêts constituent de véritables puits de carbone alors qu’elles renferment près de 30% de tout le carbone terrestre. Grâce à la photosynthèse, les écosystèmes forestiers absorbent le carbone contenu dans l’air et l’intègre dans la biomasse végétale.
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La forêt boréale comme puit de carbone
La production primaire nette (PPN) est le paramètre retenu pour établir le taux d’absorption net du carbone par les plantes. Elle correspond à la différence entre les taux de photosynthèse et de respiration. La PPN des écosystèmes forestiers varie selon plusieurs facteurs dont la composition et l’âge des peuplements. À maturité, une forêt cesse d’emmagasiner du carbone. Certains événements naturels tels que le cycle des feux en forêt boréale par exemple, permettent de repartir le processus. Toutefois, le carbone jusqu’alors emmagasiné dans les arbres, retourne directement ou indirectement dans l’atmosphère. Dans le cadre d’un suivi des variation de la PPN dans le temps, on a observé une diminution allant de 30% à 80% de la PPN des forêts boréales canadienne et de l’Alaska, dès la première année suivant un feu. La période nécessaire pour qu’un peuplement brûlé atteigne son niveau de productivité d’avant feu varie beaucoup ; de 2 à 50 ans. À la suite d’un feu, les forêts se comportent comme des sources nettes de carbone émis dans l’atmosphère et redeviennent des puits nets après une période variant de 1 à 24 ans.
À titre d’exemple, la forêt Montmorency capte annuellement, 10 tonnes de carbone à l’hectare. Elle contient actuellement 173 tonnes de carbone à l’hectare en moyenne qui se répartissent comme suit :
- 45 tonnes dans le bois (40%)
- 15 tonnes dans les branches et les feuilles (26%)
- 13 tonnes dans les racines (9%)
- 30 tonnes dans l’humus (8%)
- 70 tonnes dans le sol minéral (17%)
Répartition du carbone mis en réserve à la forêt Montmorency
Les écosystèmes forestiers jouent donc un rôle essentiel comme puits de carbone, mais également tous le bois d’œuvre produit par l’industrie forestière. Le bois d’œuvre constitue effectivement une réserve durable de carbone alors qu’il garde ce dernier séquestré durant toute la vie utile des bâtiments et des meubles pour lesquels ils servent de matériaux. Comparativement aux autres matériaux utilisés dans la construction dont le béton et l’acier, le matériau bois requiert également beaucoup moins d’énergie pour l’extraire et le transformer ; ce qui en fait un matériau vert à plusieurs égards.