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Décembre 2009


On dit de l’espace rural qu’il constitue un milieu de vie complexe et marqué d’inégalités. L’espace rural est fortement modelé par des forces externes qui interviennent dans la dynamique spatiale en général. On retient deux définitions du monde rural. D’abord, celle de Statistique Canada identifie comme entité rurale, une agglomération de moins de 1 000 habitants et dont la densité est inférieure à 400 habitants au 20 kilomètre carré. Selon une autre définition dite plus opérationnelle, une localité rurale correspond à une agglomération de moins de 2 500 habitants. Les communautés dépendantes de la forêt sont un type de communautés rurales au même titre que celles agricoles. En outre, on trouve également des communautés minières et d’autres tributaires des ressources énergétiques.


Modèle Canadien

Pour un pays aussi peu densément peuplé que le Canada, la ruralité répond à une réalité de nature géopolitique. Il semble qu’un territoire inoccupé perd son identité et rapidement, devient un objet de convoitise. L’identité nationale implique inévitablement un référent territorial concret et la ruralité permet dans une large mesure, d’assurer l’occupation du territoire. La ruralité offre un mode d’occupation de l’espace qui permet au besoin ou par la force des choses, un retour à la forêt. D’ailleurs, la production forestière fait partie des activités importantes et souvent complémentaires des milieux ruraux traditionnellement agricoles.

Les communautés tributaires de la forêt au Canada se répartissent selon des conditions biophysiques et géopolitiques. On trouve une configuration de quelques fortes concentrations suivant la limite nordique de la forêt mélangée qui va de l’Ontario à Terre-Neuve. Une autre configuration de concentrations plus faibles suit la frontière Canado Américaine entre l’Ontario et le Nouveau Brunswick. Dans l’ouest canadien les communautés apparaissent plus dispersées. Mais On observe qu’en moyenne, les communautés situées dans l’ouest sont de loin plus populeuses que celles situées dans l’est du pays. La plus forte agglomération enregistrée en 1996 est située à Prince Georges. Elle regroupe plus de 29 000 habitants. La cartographie plus haut, présente la localisation des communautés dépendantes de la forêt au Canada en 1996.


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Les communautés dépendantes de la forêt au Canada

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Sous le régime Français, les conditions biophysiques propices à l’agriculture ont les premières, déterminé la localisation géographique des communautés dépendantes de la forêt. Les terres en bordures des Appalaches et celles situées dans les Laurentides au Québec, notamment, constituent des cas types de terres à faible potentiel agricole. Pour les communautés rurales situées dans cette zone, la forêt s’est souvent présentée comme le moyen de second recours subsister et souvent aussi, une activité complémentaire pour occuper les longs mois d’hiver. Plus tard, à partir des années « 1950 », la construction accélérée des infrastructures de transport et l’amélioration rapide des moyens d’extraction et de transport ont fortement contribué au développement des communautés limitrophes de la forêt résineuse.

Suite à la guerre de Sept Ans (1756-1763), il y eu un regain pour l’industrie du bois d’oeuvre dans l’est du pays. Mais on ne peut encore parler d’une véritable impulsion dans ce secteur économique avant 1816. Durant la période préindustrielle (avant 1880), la politique liée à l’exploitation de la ressource forestière devait prévoir la mise à la disposition desdits « barons du bois d’oeuvre » de territoires forestiers ou un accès facile à la ressource. La localisation stratégique des lieux de transformation favorisait souvent l’embouchure des rivières navigables. L’émergence et le développement de ces communautés se sont généralement opérés sous l’initiative des industriels qui implantaient leurs unités de transformation et assuraient d’autres fonctions économiques dans la communauté.

Des années 1920 à la fin de la deuxième guerre mondiale, la vision expansionniste soutenue dans la politique forestière de l’époque, profita au développement d’autres communautés situées davantage vers le centre du pays dont la communauté de Pine Falls au nord de Winnipeg. Dans la période d’après-guerre, le concept de gestion à rendement soutenu prend une importance capitale, pour garantir un approvisionnement stable et permanent des usines de transformation du bois. Les ressources forestières inexploitées de l’arrière pays présentent alors un intérêt accru au sein des hautes autorités du gouvernement fédéral. De fortes sommes furent alors investies dans les transports, l’électricité et les infrastructures communautaires et des lois furent adoptées pour la création de lotissements forestiers intégrés.  Sous le modèle de l’État interventionniste, plusieurs communautés ont vu le jour et d’autres ont été revitalisées. La communauté de Terrace Bay située à un peu plus de 200 kilomètres à l’est de Thunder Bay fut l’une des premières entièrement planifiées. La communauté de Gold River sur l’Île de Vancouver est un autre cas plus récent de communauté planifiée sous le modèle keynésien.

Conclusion

L’essor et le développement des communautés dépendantes de la forêt au Canada ont historiquement reposé sur des conditions biophysiques et sur d’autres conditions de nature géopolitique. Le poids relatif des unes par rapport aux autres a varié selon la localisation géographique principalement dans la zone accessible de la forêt résineuse, et le modèle de développement dominant dont celui de l’industriel initiateur et/ou de l’État interventionniste. Le développement en contexte rural comporte des enjeux fortement liés à l’environnement et aux ressources que la terre produit. La diversité économique apparaît très importante pour les régions rurales en quête d’autonomie et une déficience sur ce plan entraînent souvent des impacts majeurs lorsque l’activité économique dominante subi une diminution drastique. Les régions rurales présentent souvent une diversité économique relativement restreinte et l’industrie forestière devient dans ce contexte, une activité complémentaire vitale.


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